Le groupe (Olaf, Pierrot et François) se forme en 1978. Les livres de San-Antonio vont leur donner l'idée de s'appeler « Bérurier ». Leur style de musique sera inspiré de Métal Urbain : une voix, une boîte à rythmes et une guitare saturée.
À leurs débuts, les « Bérurier » changeront souvent de nom : il seront successivement « Bérurier rebelle », « Bérurier Véritable », « Bérurier Army », « Bérurier Moine », « Béruriers UTDM », « Bérurier Fighter », « Peste », « Barbelés », « Poli-Mili »...
Les membres du groupe changeront aussi. Pierrot étant appelé pour le service militaire, puis ayant déserté, il se voit contraint de faire un séjour en prison. Pour remplacer Pierrot à la guitare les Bérurier font alors appel au guitariste du groupe Guernica, Loran. Après quelques participations, il s'installe définitivement au sein du groupe. En décembre 1982, Olaf, parti au service militaire en Allemagne, annonce à François qu'il quitte le groupe... François et Loran décident alors de faire un concert d'adieu et de mettre un terme à la carrière des Bérurier. En signe de deuil et de regret, ils adoptent un nouveau nom : les « Bérurier Noir ». Le concert d'adieu se déroulera le 19 février 1983 à l'usine de Pali-Kao (une usine squattée du XXe arrondissement de Paris qui accueille la frange la plus alternative des artistes parisiens). C'est lors de ce concert qu'ils se déguiseront pour la première fois.
Au lieu d'être un final, ce spectacle les a propulsés en avant. Après avoir signé avec un petit label (V.I.S.A.), le deuxième concert de Bérurier Noir a lieu dans la salle de La Roquette devant 1000 spectateurs. L'accueil est chaleureux et le groupe ira jusqu'à reprendre trois fois Lobotomie pour faire plaisir à son public. Les Bérurier Noir s'illustreront dans un autre concert improvisé devant le Liberty's (une boîte branchée du quartier latin de Paris). Suite à un désaccord avec le gérant de l'établissement, le groupe décide de jouer devant le club sur le trottoir. En effet, la boîte avait bouché les entrées d'air pour pousser à la consommation. La police arrive sur place mais le public ne les laissera pas s'approcher des Bérurier, qui continueront à jouer leur musique. On raconte qu'ils joueront quelques minutes avec leurs masques à gaz sous les gaz lacrymogènes.
Ensuite, le groupe enchaîne les concerts, légalement, dans des salles ou bien de manière « sauvage » dans des squats, dans la rue, dans le métro parisien etc. Les membres du groupe passent la plus grande partie de leur temps dans des squats parisiens comme celui des Vilins à Belleville, et cette vie rebelle militante, se retrouve dans leur son « brut » incisif et tranchant et leurs textes rebelles, crus, violents, le groupe dénonçant violemment l'injustice et incarnant sur scène par sa puissance artistique une sorte d'effervescence insurrectionnelle froide et contagieuse, qui deviendra par la suite plus festive... Leur réputation grandit très vite en France dans le milieu punk alternatif par le biais du bouche à oreille et des fanzines puis de leurs premiers vinyls, autoproduits par de petits labels punk qui commencent en même temps qu'eux : Visa puis Bondage Records... Ils arpentent fin 1984 les scènes étrangères (Amsterdam, Genève, Irlande) avec d'autres groupes alternatifs français, faisant toujours grande impression sur scène par la puissance froide et contrôlée, un exutoire, qui se dégage de leurs sets, selon une partie de leur public.
Durant l'année 1985, les Bérurier Noir entament une tournée dans toute la France, mais continuent avec leurs « mauvaises habitudes ». Les Bérurier organisent un concert sauvage sur un bus, le jour d'une manifestation pour les chômeurs. Leur défilé sera stoppé par la police de manière assez violente, puisqu'on en parlera dans la presse de l'époque ("Actuel" notamment).
François et Loran travaillent en parallèle à cette époque, leur métier ne leur permettant pas vraiment de vivre. François est manutentionnaire et Loran animateur dans un centre de loisirs pour enfants à Torcy (Seine-et-Marne).
En 1986, les Bérurier Noir commencent à passer à la télévision et à la radio et séduisent la frange la plus jeune du public, si bien que de plus en plus de monde se déplace à leurs concerts (47 dates cette année-là), et ils possèdent même leur propre service d'ordre. En 1987, ils continuent leurs concerts, jouent dans divers festivals indépendants, à Rock in Squatt et participent même à un concert organisé par SOS Racisme. Leur carrière a toujours été marquée par des positions radicalement antiracistes. En 1988, ils organisent un concert devant 6800 personnes au Zénith. Les Bérurier sont alors plus nombreux, ils ont entamé peu à peu une transformation festive tout en gardant la tension froide de leurs débuts, empruntant sur scène des éléments au Cirque, mêlant à leurs déguisements grotesques habituels des nez de clowns, et sur disque ajoutant des sifflets et des instrumentations orientales aux sirènes de police, mélangeant le punk destroy et l'ambiance « fanfare » sur l'album Abracadaboum. Pour créer cette version « Circus », ils ont été rallié par des membres d'autres groupes. Pour ce concert, ils seront François, Loran, la petite Titi, Helno, Paskal Kung-Fou, Masto, les frères Lulu, Jojo et un magicien ! En matière de rock français, seuls Téléphone et Indochine avaient réussi à remplir la salle avant eux.
Le 20 avril 1988, les Bérurier se voient décerner le Bus d'Acier (un grand prix du rock français) par une presse qui les a quasiment ignorés ainsi que tous les groupes alternatifs de l'époque, qui ont fonctionné sur un idéal artistique et grâce à la scène indépendante, en rupture avec la presse rock et le showbiz rock de l'époque (d'une autre génération). Le groupe réagit de manière assez inattendue, mais fidèle à son éthique en faisant un doigt d'honneur au jury. Loran dira plus tard dans un magazine « La tronche du jury quand on leur a annoncé qu'on n'en voulait pas de leur Bus. Qu'on n'en avait même rien à foutre ! ».
Mais tout bascula le 17 avril 1988, quand un groupe terroriste nommé « Black War » fait exploser les bureaux du président de la chambre régionale des huissiers. La police accuse les milieux libertaires dont certains membres des Bérurier Noir font partie : ils sont accusés par certains médias et la police. Les accusations sont abandonnées le 23 avril, les personnes arrêtées relâchées, mais l'image du groupe est ternie, des organisateurs annulent leurs concerts. C'est une période plus dure pour les Bérurier Noir, qui doivent de plus en plus gérer des problèmes qui les dépassent. Après une tournée-éclair de 3 concerts en Suisse, le groupe décide de se séparer pour mettre fin à trop de pression accumulée. Toujours dans un esprit festif et décalé, les Bérus décident de s'offrir un hara-kiri en fanfare.
Le groupe s'est donc suicidé en novembre 1989 lors de trois concerts d'adieu qui eurent lieu à l'Olympia (9, 10, 11 novembre 1989) en partie à cause de problèmes avec leur Label « Bondage Productions », de l'enlisement des tournées épuisantes (François travaillait en même temps au sous-sol du BHV) et de leur esprit exigeant d'indépendance, source de tension permanente au sein du groupe dans les derniers temps. Après avoir hurlé "Vivre libre ou mourir" durant 6 ans, les Bérus ont préféré mourir...
Durant 14 ans, les membres du groupe firent chacun leurs expériences en solo, tous dans des voies différentes, avec plus ou moins de succès. François a formé Molodoï et "François Béru et les Anges Déchus" ; Loran créa Ze6, Tromatism puis A.D. (Division de la horde). Ces 14 années de silence sont jalonnées par la sortie, tous les cinq ans, d'un album posthume, qui relance évidemment à chaque fois des rumeurs de reformation... ... jusqu'au 4 décembre 2003, où le groupe fait un concert aux Transmusicales de Rennes. Les médias parlent immédiatement de reformation, le groupe préfère parler de "transformation" ou de "déformation". Ce concert coïncidait avec la sortie du coffret "Même pas mort", retraçant la carrière du groupe, ainsi que le concert d'adieu de l'Olympia de novembre 1989. Ils donnèrent de nombreuses interviews, beaucoup espérèrent un réel retour des Bérus sur le devant de la scène. Après le succès du concert de Rennes et leur envie manifeste de rejouer et de reprendre leur route ensemble, le groupe s'engage pour deux concert énormes : à Québec le 11 juillet 2004 et lors du festival de Dour en Belgique le 18 juillet 2004. Le groupe apparaît aussi par surprise au festival du journal Combat Syndicaliste aux Voutes à Paris, ainsi que dans une petite salle de Lillers lors d'un concert où participaient des groupes du label FZM (Folklore de la Zone Mondiale, dont le logo ornait déjà les albums des Bérus à l'époque), créé par le groupe en 2004. Par ce label, les Béru diffusent leurs disques, mais relancent surtout toute une "contre-culture en mouvement" en diffusant de nombreux articles tels que fanzines, écrits politiques, comics indépendants, ainsi qu'une multitude de petits groupes indépendants. Le groupe joua aussi au mois d'août 2005 à Brest, lors du festival Astropolis, où une soirée FZM était organisée. Ce concert fut un concert surprise, le groupe étant annoncé sous le nom de "Kamouflage".
Suite aux concerts de "déformation", Bérurier Noir a sorti un CD-DVD retraçant ces évenements, "L'Opéra des loups". Le groupe avait comme projet de sortir un nouvel album, probablement sous le nom de "Kamouflage", annoncé pour la rentrée 2006.
On a pu les voir à la fin de la manif. du 1er mai 2006 jouer sur un véhicule aux couleurs de la CNT (dite "des Vignoles").
La dissolution des Bérus a cependant été annoncée le samedi 6 mai 2006:
"Considérant que l'aventure bérurière entre 1983 et 1989 est restée dans le c½ur de tous comme une époque héroïque, empreinte d'amitié et de solidarité, et que nous devons la préserver ; considérant également que le retour du groupe entre 2003 et 2006 fut provisoire et qu'il ne s'agissait pas d'une reformation classique, le groupe Bérurier Noir décide de s'auto-dissoudre en mai 2006. Il sortira dans quelques mois un nouvel album intitulé « Dérive mongole » pour signifier la fin de cette aventure collective, généreuse et combative, une façon de rendre hommage au mouvement de la jeunesse qui a soutenu le groupe depuis plus de vingt ans. Salutations bérurières."